Personne ne s’attendait à ce que le calendrier des départs en retraite bascule aussi vite. Pourtant, dès 2025, les règles du jeu changent pour des millions d’actifs. Pour s’y retrouver, il faut comprendre qui pourra tirer sa révérence, quand, et sous quelles conditions. Les jalons sont posés : âge de départ, durée d’assurance, dispositifs spécifiques… chacun devra faire ses comptes.
Salariés du privé, agents du public, indépendants : tous voient la carte des retraites se redessiner sous leurs pas. Des régimes propres à certains métiers continuent d’exister, tandis que d’autres devront repousser la ligne d’arrivée. La pénibilité, la durée de cotisation et les débuts de carrière précoces sont désormais au cœur des calculs.
Les nouveaux repères pour partir en retraite en 2025
Pour l’année 2025, un point à retenir : il faudra patienter davantage. L’âge légal recule et s’établit à 64 ans pour la majorité des actifs, même si des exceptions subsistent selon les professions.
Nombre de trimestres à valider
Atteindre l’âge légal ne suffira pas. Pour bénéficier d’une retraite à taux plein, il faudra également avoir réuni le bon nombre de trimestres. Voici les règles à connaître :
- Carrière complète : totaliser 172 trimestres permet d’obtenir une pension sans décote.
- Carrières longues : ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans peuvent envisager un départ anticipé, s’ils justifient de la durée requise.
Départs anticipés : des cas particuliers
Certaines situations ouvrent droit à des aménagements spécifiques :
- Pénibilité : les personnes ayant occupé un emploi reconnu pénible peuvent partir dès 60 ans, à condition de cotiser au moins 168 trimestres.
- Incapacité permanente : une incapacité d’au moins 20 % donne accès à un départ possible à 62 ans.
Repères à retenir
| Catégorie | Âge de départ | Trimestres requis |
|---|---|---|
| Carrière complète | 64 ans | 172 |
| Carrières longues | Avant 64 ans | 172 |
| Travaux pénibles | 60 ans | 168 |
| Incapacité permanente | 62 ans | 172 |
Face à ce nouveau cadre, chacun doit anticiper et ajuster ses choix de carrière en fonction d’une échéance désormais plus lointaine.
Les dispositifs permettant un départ anticipé en 2025
Certains pourront malgré tout partir avant 64 ans, en fonction de leur parcours professionnel. Plusieurs mesures existent selon l’âge d’entrée sur le marché du travail, la pénibilité de l’emploi ou la santé.
Carrières longues
Pour ceux qui ont débuté jeunes, voici les possibilités offertes en 2025 :
- Avant 16 ans : la retraite devient possible à 58 ans.
- Entre 16 et 18 ans : départ envisageable dès 60 ans.
- Entre 18 et 20 ans : possibilité de partir à 62 ans.
Départs pour pénibilité
Certains métiers exposés à des conditions éprouvantes donnent droit à un départ anticipé. Les critères retenus sont :
- Travail de nuit sur une période significative
- Exposition à un environnement hyperbare
- Contact répété avec des substances chimiques dangereuses
Départs liés à l’inaptitude ou au handicap
Les travailleurs déclarés inaptes à hauteur de 20 % ou plus, ou en situation de handicap, peuvent partir dès 62 ans. Les conditions à remplir sont les suivantes :
- Incapacité reconnue par la médecine du travail
- Handicap avec un taux d’au moins 50 %
Ces dispositifs permettent d’ajuster le départ à la réalité du parcours de chacun, souvent après des années de travail exigeant. Il est conseillé de se rapprocher de sa caisse de retraite pour faire valoir ces droits et constituer un dossier complet.
Comment accéder au minimum retraite en 2025
Les personnes qui ne réunissent pas tous les trimestres pour une pension pleine bénéficient d’un minimum retraite maintenu en 2025. Ce dispositif vise à garantir un revenu minimal aux retraités ayant eu une carrière incomplète ou des salaires faibles. Les conditions d’accès sont strictes.
Trimestres à totaliser
Un nombre minimal de trimestres cotisés reste indispensable pour prétendre à cette allocation :
- 120 trimestres cotisés au régime général de la Sécurité sociale
Les périodes de chômage, d’arrêts maladie ou de congés maternité peuvent parfois être prises en compte.
Âge requis et plafond de ressources
L’accès au minimum retraite dépend aussi de l’âge et du niveau de ressources :
- Âge minimal fixé à 65 ans
- Respect du plafond de ressources, réévalué chaque année par décret
Niveau de revenu garanti
À partir de 2025, le minimum retraite atteindra 980 euros par mois. Pour les personnes ayant cotisé au moins 30 ans, ce montant peut être rehaussé.
Un dossier complet doit être déposé auprès de la caisse de retraite, accompagné des justificatifs demandés. Les services sociaux peuvent accompagner la démarche, pour que personne ne soit laissé de côté.
Fonction publique : des règles spécifiques
Les agents publics n’appliquent pas les mêmes règles que les salariés du privé. Leur départ et le calcul de leur pension reposent sur des modalités particulières, adaptées à leur statut et à l’évolution de la société.
Âge de départ selon la catégorie
Selon les fonctions exercées, l’âge de départ varie :
- Les agents « sédentaires » peuvent demander la retraite à partir de 62 ans.
- Les agents de la catégorie « active » (policiers, infirmiers…) peuvent partir dès 57 ans, sous réserve de remplir certaines conditions.
Années de service effectif
Pour bénéficier d’une pension complète, il est nécessaire de :
- Justifier de 43 ans de service effectif
- Intégrer partiellement les périodes de disponibilité pour élever un enfant ou pour raison de santé
Pension : comment se calcule-t-elle ?
Le montant de la pension s’appuie sur les six derniers mois de traitement indiciaire. En 2025, des majorations seront appliquées :
- Une majoration de 10 % pour les parents de trois enfants ou plus
- Des points supplémentaires pour ceux ayant occupé des fonctions à responsabilité
La demande de départ se prépare auprès de l’administration, idéalement six mois à l’avance, afin d’assurer un traitement sans accroc. Un accompagnement personnalisé peut permettre d’optimiser le montant de la pension et d’aborder sereinement cette nouvelle étape.
2025 marque un tournant : chaque actif devra composer avec ces nouvelles règles, saisir les possibilités offertes par son parcours, et parfois, inventer son propre art de quitter la scène. À chacun de savoir s’approprier ce nouveau décor et de tracer sa trajectoire.


