8 %. Ce n’est pas une broutille, c’est la hausse observée sur le marché mondial des téléphones à clapet entre 2023 et 2024, d’après Counterpoint Research. Alors que les smartphones pliants font la une, quelques constructeurs continuent d’alimenter leur catalogue avec des modèles à clapet « classiques ». Les opérateurs asiatiques voient ces appareils gagner du terrain chez les plus jeunes, tandis qu’en Europe, ils restent discrets mais ne disparaissent pas du radar.
Les discussions sur la sobriété numérique et la dépendance aux écrans tendent le débat. Les consommateurs hésitent, les marques ajustent leur stratégie. L’industrie s’interroge : ces téléphones ont-ils encore un avenir ou vivent-ils leur dernier sursaut ?
Le retour du téléphone à clapet : simple nostalgie ou vraie tendance en 2025 ?
Le téléphone à clapet fait plus que ressurgir, il intrigue, il s’impose. Longtemps associé à une époque révolue, il refait surface sur TikTok, s’affiche fièrement dans la main de certains créateurs et séduit la génération Z avide de se démarquer. Ce courant baptisé « newtro », contraction de « nouveau » et « rétro », alimente ce come-back. Les jeunes font du feature phone ou dumbphone un symbole d’une rupture volontaire avec le smartphone omniprésent, devenu le bouc émissaire du brain rot dénoncé par les partisans de la sobriété numérique.
Ce n’est pas qu’une histoire de nostalgie. Le marché, notamment en Asie, le confirme : les chiffres grimpent. En Europe, la demande reste modeste, mais les rayons des opérateurs voient réapparaître ces mobiles, tirés par un désir de simplicité et un besoin de mettre à distance la dictature du temps d’écran. Counterpoint Research ne s’y trompe pas : +8 % de croissance mondiale en douze mois, voilà qui fait réfléchir dans un secteur réputé sans pitié pour les « vieilleries ».
Le téléphone à clapet cristallise un paradoxe : il séduit par sa frugalité, mais se nourrit aussi du goût du rétro chic. Il attire autant les technophobes lassés de l’incessant ballet des notifications que les nostalgiques du geste net, fermer le clapet, conversation close, ou les ados décidés à échapper à la pression sociale numérique. Sur les réseaux, l’objet devient totem : exhiber son dumbphone, c’est afficher sa volonté de reprendre la main sur ses usages.
Mais derrière l’effet de mode, c’est une remise en question profonde de notre rapport à la technologie qui s’opère. Simple posture ou virage durable ? Les prochains mois trancheront, alors que la tendance téléphone 2025 continue de bousculer les codes.
Pourquoi les modèles à clapet séduisent-ils (encore) certains utilisateurs ?
Le téléphone à clapet ne se contente pas de réveiller les souvenirs des années 2000. Il répond à une envie bien actuelle : reprendre le contrôle, pratiquer la sobriété numérique. Pour une partie de la génération Z, choisir un feature phone revient à se protéger du flux incessant de notifications, de la comparaison permanente, de ce fameux brain rot nourri par le zapping de contenus.
Ce retour en grâce s’inscrit dans une recherche délibérée de modération numérique. Réduire la présence de l’écran, retrouver du temps, échapper aux sollicitations continues : voilà les arguments des adeptes des appareils épurés. Plusieurs études l’attestent : anxiété en baisse, sommeil de meilleure qualité chez ceux qui optent pour le dumbphone, loin des tentations du scroll nocturne et des interruptions constantes.
Voici les arguments concrets avancés par ceux qui optent pour ces modèles :
- Une autonomie qui tient la distance : plusieurs jours d’usage sans recharge.
- Une robustesse éprouvée, la simplicité limitant les pannes et les casses.
- Un prix qui reste accessible, à l’opposé de la flambée des smartphones haut de gamme.
L’aspect ludique et le rituel du clap, ce geste pour mettre fin à une conversation, participent aussi à l’attrait. Dans un monde saturé par la connexion permanente, cette simplicité technique devient synonyme de liberté retrouvée, une façon de s’affranchir de la course au toujours-plus digital.
Limites et défis : ce que les téléphones à clapet ne peuvent plus offrir aujourd’hui
Les téléphones à clapet ne cachent plus leurs faiblesses face à l’évolution des usages numériques. Si la nostalgie séduit, l’expérience reste bridée par des limites concrètes : manque d’applications, navigation web poussive, compatibilité réduite avec les réseaux mobiles récents. Le passage à la 5G relègue progressivement ces appareils, généralement limités à la 2G ou 3G, sur le banc de touche, d’autant que ces réseaux ferment peu à peu.
La compatibilité logicielle pose aussi problème. Impossible d’installer la plupart des applications de messagerie, navigation hasardeuse sur les sites modernes, absence d’outils avancés pour gérer sa santé ou piloter sa maison connectée. Face à cela, le smartphone pliant s’impose par sa polyvalence et sa connectivité bien plus étendue.
Quelques exemples concrets permettent de cerner les faiblesses principales :
- Partage de fichiers compliqué ou limité
- Navigation GPS peu pratique
- Fonction photo très basique, loin des standards actuels
La question de la réparabilité reste aussi épineuse. Certains modèles récents misent sur la compacité, mais la fragilité du clapet, charnières sensibles, petits écrans, composants difficiles à remplacer, pose problème. Alors que la réglementation sur l’indice de réparabilité s’intensifie, peu de téléphones à clapet s’en sortent honorablement, là où certains smartphones pliants de dernière génération font mieux, avec des indices en hausse.
Opter pour un téléphone rétro, c’est donc accepter de renoncer à une expérience numérique complète. Même l’autonomie vantée atteint ses limites dès qu’on sollicite la 4G ou l’appareil photo plus souvent.
Téléphone à clapet en 2025 : un choix pertinent selon vos besoins ?
En 2025, faut-il réellement miser sur le téléphone à clapet ? Tout dépend de vos attentes. Si vous cherchez un appareil simple, sans la tentation permanente des réseaux sociaux, le feature phone a encore des atouts à faire valoir. Il trouve naturellement sa place auprès des profils variés : adolescents en quête de sobriété numérique, seniors réfractaires à la complexité du tout-tactile, actifs lassés du brain rot quotidien.
Mais en face, les smartphones pliants nouvelle génération imposent leurs avancées. Samsung, Motorola, Google, Honor : tous innovent avec des écrans flexibles, des charnières plus solides, des certifications IPx8 pour l’étanchéité. Le Samsung Galaxy Z Flip et le Motorola Razr misent sur la compacité sans sacrifier la performance. Le Google Pixel Fold ou l’Honor Magic V séduisent les utilisateurs mobiles exigeants, adeptes d’une productivité sans compromis.
Pour mieux cerner les différences, il suffit de confronter les deux options principales :
- Téléphone à clapet 2025 : simplicité, grande autonomie, solidité.
- Smartphone pliant : applications variées, multitâche, innovations techniques, photo avancée.
L’écart se creuse sur les usages : appels, SMS, batterie qui tient la route d’un côté ; navigation fluide, applications à profusion, photos de qualité de l’autre. Un comparatif téléphone à clapet smartphone pliant s’impose donc pour choisir. Certains modèles pliables affichent désormais un score de réparabilité bien supérieur à leurs prédécesseurs et une résistance accrue aux aléas de la vie quotidienne.
Entre nostalgie assumée et goût du progrès, chacun taille sa route. Le vrai luxe en 2025 ? Choisir enfin son tempo, sans se laisser dicter la cadence par la machine.


